Microbiote

Présentation de la gamme MICROBIOTE DAYANG par Jean-Charles Schnebelen. Pharmacien de formation, expert en nutrition, phytothérapie et aromathérapie, membre du comité scientifique de la revue de référence «Phytothérapie» et Directeur scientifique du laboratoire Dayang.

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Jamais autant qu’aujourd’hui le microbiote intestinal, comme tant d’autres microbiotes, n’a été l’objet d’observations et d’études aussi précises. Les techniques de séquençage, de plus en plus évoluées, permettent de caractériser, avant même de les avoir trouvés, des pans entiers de groupes phylogénétiques et de préciser, nous intéressant ici, l’écologie moléculaire de la microflore intestinale humaine.

Les connaissances évoluent très vite et les données se complètent tous les jours. Les enjeux sont très importants, voire fondamentaux, puisque le rôle de cet ensemble considérable de micro-organismes, on ne peut pas dire seulement de bactéries, gère des fonctions connues, méconnues ou encore inconnues.

On doit considérer le microbiote comme un organe multifonction à part entière. De la digestion à la gestion du surpoids, de la protection contre l’invasion de micro-intrus indésirables à la stimulation de l’immunité, de nos ‘’états d’âme’’ (ou états d’être ?) à nos réactions comportementales, de l’assimilation nutritionnelle aux états inflammatoires, l’intestin trouve ici sa fonction, révélée par tant de travaux actuels, d’organe à part entière et de 2ème cerveau.

Une organisation solidaire

Nous ne pourrons qu’être étonnés par les différentes fonctions du microbiote. En effet, elles sont les conséquences de l’organisation, en groupe, des différentes ’’familles’’ composant cette flore intestinale dont nous entamons tout juste la découverte. Un certain nombre de ‘comportements microbiens’ dépend de l’importance du groupe et, dès lors que le nombre des individus le constituant est assez important, il s’exprime en évènements comme la formation d’un biofilm ou la résistance aux antibiotiques (voir quorum sensing*, QS). Les bactéries ou autres micro-organismes coordonnent leur intercommunication et celles avec les organismes supérieurs : nous ne pouvons plus réagir simplement au hasard, face à cette phénoménale organisation. Il nous faut comprendre le comportement et le rôle de cette foule de nos alliés de 100 000 milliards d’individus, regroupés en 500 à 1000 types différents.

L’évolution est permanente

Certaines vérités d’hier sont des erreurs aujourd’hui ; nous pensions que le tube digestif du nouveau-né était stérile à la naissance, vierge de toute ‘contamination’ ou plutôt colonisation in utero. On sait maintenant en analysant les premières selles du nouveau-né, le méconium, que celles-ci sont déjà constituées de quelques espèces, encore peu nombreuses. Elles augmenteront en variétés et importance au fil des jours et des rencontres.

Mais pourquoi ne pas s’en être rendu compte avant ?

Simplement parce qu’on ne savait pas, il y a peu encore, observer ni cultiver cette flore anaérobie : les méthodes de laboratoire ne le permettent que depuis peu ! Et justement, plus on avance dans l’espace du tube digestif, moins il y a d’oxygène. Les aérobies l’ont consommé, donc les anaérobies apparaissent… Schématique, mais cela aide à imaginer. Le tube digestif est ainsi peuplé, par ‘sections’, de populations différentes qui dépendent, en aval, des produits du catabolisme des précédents en amont, dont ils se nourrissent. On peut alors comprendre que toute variation dans l’équilibre des espèces peut provoquer des désordres plus ou moins sensibles. Si la population en amont est défaillante, celle en aval va manquer de ‘moyens nutritionnels’ ; si celle en aval est pléthorique, il n’y n’aura pas assez de nutriments et sa production sera insuffisante pour que la suivante se développe ou s’entretienne normalement !

Le microbiote, un Génome-bis

On peut aujourd’hui affirmer que le microbiote est un ‘’génome-bis’’. Imaginons les perspectives de nos possibles interventions sur celui-ci : il faut le considérer comme un organe à part entière. Il pèse deux kilos environ, plus que le poids du cerveau. Alors, en conscience, pourra-t-on longtemps encore "négliger’’ au quotidien, les apports et qualités nutritionnelles de nos aliments ? En influençant directement l’état de notre microbiote, et ce, quasiment en temps réel, ils impactent très directement le fonctionnement de tout notre organisme. Il faudrait aller vers une alimentation nourrissant spécifiquement cet organe, le microbiote ; le Professeur Roberfroid, Université de Louvain, parle déjà d’alimentation colique ou procaryote.

La relation privilégiée au végétal

Pour ce faire, des substances végétales sont particulièrement efficaces pour participer au bon fonctionnement de notre flore commensale ! Outre les micronutriments vitamino-minéraux, l’intérêt de nos apports alimentaires se manifeste dans la consommation de fibres ou prébiotiques, de terpènes, de polyphénols, d’acides-phénols présents dans ceux-ci, d’épices, de condiments ou d’aromates par exemple. Il existe à cet égard des liens phylogénétiques entre les auteurs du quorum sensing* et les métabolites secondaires de végétaux, utilisés aussi pour se soigner.

Et les probiotiques plus précisément dans tout ça ?

Ce sont des organismes vivants, qui doivent aussi être retrouvés vivants à la sortie du tube digestif. Consommés en quantité suffisante, ils affectent positivement la santé de la personne qui les consomme.

Les probiotiques peuvent être considérés comme des aides plus ou moins spécialisés à une population locale intestinale affaiblie : ils vont intervenir, le temps d’une mission précise, jusqu’au rétablissement de la population en place. Leur rôle n’est pas de coloniser, il convient donc de laisser à ces aides probiotiques le temps de s’installer et d’agir, avant de cesser l’envoi de renforts supplémentaires. Les probiotiques sont un moyen d’introduire enzymes, constituants pariétaux, peptides ou nucléotides immunomodulateurs, protéines antibactériennes, et autres constituants qu’ils synthétisent ; de plus, ils semblent inhiber des agents mutagènes, comme ceux produits lors de la cuisson des aliments à haute température.

Il convient de considérer, simultanément, l’ensemble des facteurs : le microbiote, les probiotiques, les prébiotiques, les abiotiques (ensembles des données participant à l’écologie du système : pH, niveau d’aérobiose ou redox, acides biliaires, enzymes pancréatiques, disponibilité des substrats alimentaires) sans doute même les post-biotiques etc. Mais ce sont là des considérations expérimentales ne se posant pas à l’officine.

Devant le constat de ‘’ces formes de vies élémentaires agissant en association indispensables aux formes de vies évoluées’’, il y a lieu de prendre la mesure, les mesures qui s’imposent à l’évidence : il nous est impossible de vivre sans cette symbiose active permanente. La respecter est essentiel, l’entretenir est la clé de notre santé et la nourrir, c’est nourrir les perspectives de la qualité de notre vie, c’est une véritable assurance pour la santé !

 

*Le quorum sensing est un ensemble d’éléments de communication basé molécules- signaux ligands récepteurs. Ce sont des phéromones bactériennes, dites auto-inductrices, sécrétées par des bactéries pour réguler l’expression de certaines fonctions au sein d’une même population bactérienne comme la résistance aux antibiotiques, la formation des biofilms. Des substances végétales peuvent inhiber ou bloquer ces substances auto-inductrices du quorum sensing, ce qui constitue alors leurs propriétés médicinales